Robert Arnoux a toujours eu l’amour de la matière, de toutes les matières. D’abord la terre à l’origine de ses premiers émois, quand, tout petit, il faisait des boules dont il contemplait avec émerveillement le long processus de séchage. Ensuite sont venues les pierres, toutes les pierres, qu’il ramassait en montagne et collectionnait. Sa formation de géologue s’est inscrite dans la continuité de cette passion du minéral.
La lumière lui important plus que la couleur, la peinture à la fresque où la couleur est enchâssée dans la chaux et le marbre est venue sur son chemin. Le point de départ de ce choix fut une émotion artistique née de la rencontre avec les peintures de Fra Angelico dans les cellules des moines du couvent de San Marco à Florence. Aujourd’hui sables, mica, corindon, cristal mais aussi feuillages et cendres habillent ses personnages.
Formé à l’atelier Pierre Soulages de Charenton le Pont, Robert Arnoux s’inscrit dans la lignée de grands sculpteurs modernes tels que Brancusi, l’inventeur d’un langage épuré ou Moore, dans sa recherche de simplification des corps et de dialogue avec la nature.
Trait d’union entre les formes primitives et contemporaines, ses élégantes et mystérieuses silhouettes réconcilient avec humilité et tendresse les hommes, la vie et la nature. Taillées dans un seul bloc, elles sont comme un miroir tendu au promeneur, un concentré d’humanité figée et pourtant terriblement vivante ; des œuvres qui tendent vers l’abstraction et l’épure pour exprimer l’essence de l’Être.
Après avoir cultivé sa passion du dialogue entre l’art et le paysage dans les plus beaux jardins patrimoniaux de France et de Belgique dont ceux du parc de Bagatelle à Paris et des Jardins d’eau d’Annevoie, il déploie aujourd’hui son art dans ce qu’il nomme sa « Terre d’Accord », son jardin d’art situé à La Chapelle sur Dun (76). Il y compose une symphonie humaine insérée dans le végétal. Ses groupes de sculptures prennent ainsi vie entre massifs, plan d’eau et arbres du domaine. Ils nous racontent l’histoire des hommes, de la naissance jusqu’à la fin de la vie. Du dialogue entre l’œuvre d’art et les quatre jardins – du Feu, de l’Eau, de la Terre et du Ciel de la Terre – jaillit une histoire qui nous saisit et nous apaise : celle des humains en accord avec la terre et le vivant.
En l’église Notre Dame du Bourg Dun, tout en dialoguant avec des œuvres de grands maîtres du Moyen âge et de la Renaissance, il souhaite rendre particulièrement hommage à la Vierge Marie, au travers de certaines œuvres présentées dont une scène à trois personnages « Compassion » créée pour cette occasion. Une manière d’être en accord profond avec la mémoire de l’église et avec sa dimension sacrée.
En 2025, son grand Christ de Lumière s’y est installé à demeure.
Pour clôturer cette exposition, l’association Terre d’Accord organise un concert de guitare classique avec Laurent Blancart. L’association a souhaité l’inviter avec une pièce “Palimpseste” née de la rencontre du guitariste et du compositeur Thierry Muller, directeur de la culture à la Communauté de Communes de la Cote d’Albâtre, autour de la Chapelle Matisse à Vence. https://www.billetweb.fr/concert-de-guitare-et-flute-eglise-du-bourg-dun